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13 nov. 2017

L'employé du Mois de Novembre

L'employé du Mois de Novembre

Marie-Rose, 41 années de métier chez B. Solfin

Du Tricotage à l'expédition

Quand et comment êtes-vous arrivée chez B. Solfin ?

marie rose jeune

Quand ? Il y a près de 41 ans…Je suis arrivée en Janvier 1977, à l’âge de 19 ans au sein de l’atelier familial « Les sous-vêtements Bernard ».

Comment ? L’ancienne direction en personne est venue me recruter au domicile de mes parents. Aujourd’hui, on appellerait cela « un chasseur de tête à domicile » !

Pour la petite histoire, je travaillais juste avant à Mortagne-Sur-Sèvre pour une société qui fabriquait des matelas et salons. L’atelier du haut confectionnait les matelas, celui du bas les canapés et ensemble de salons. Je réalisais des opérations de finitions sur les salons, cet atelier a fermé pour des raisons économiques. J’ai donc été licenciée et au chômage.

Ce fût un mal pour un bien puisque cette période d’inactivité a débouché à peine 2 mois plus tard sur un emploi.

Le bouche à oreille dans les petits villages a toujours bien fonctionné. La preuve, l’ancienne direction a entendu parler que je tricotais et que je recherchais un emploi. En effet, un de mes passe-temps favori était de tricoter à titre gracieux pour des amis, des collègues, de la famille… Je réalisais des grands gilets longs à torsades, des pulls, des accessoires…

C’est comme cela qu’un beau jour, on est venu sonner à la porte de mes parents pour me proposer un poste de tricoteuse. Je me souviens ce jour là avoir montré mes réalisations… C’était mon book de l’époque. Quelques jours plus tard, j’étais embauchée à l’atelier de tricotage et je travaillais aux côtés du fondateur, M. Bernard Sourisseau.

 

A quoi ressemblait la société dans les années 70 ?

Quand je suis arrivée, nous étions 5 employés à travailler au sein de la société, dont ma sœur que j’ai recommandé quelques semaines après mon arrivée. La fratrie Sourisseau gérait à 3 la société. Le fondateur s’occupait davantage du tricotage, la sœur de l’administratif et le frère du démarchage à domicile.

L’atelier de tricotage se trouvait chez la grand-mère Sourisseau et un garage situé dans le bourg servait à l’entreposage et au stockage des matières.

Dans l’atelier, nous étions 2 : M. Bernard Sourisseau et moi-même. Tous les métiers à tricoter étaient manuels.

Je travaillais à la main avec 5 machines à tricoter (une pour le coton, une pour les flanelles, une pour les combinaisons et les 2 autres pour faire tous types de tricots). Nous tricotions essentiellement des sous-vêtements : culottes, flanelles et tricots pour enfants. Avec l’essor de la société, nous avons développé quelques années plus tard les sous-pulls en laine.

 

Avez-vous un souvenir, une anecdote à nous faire partager de cette époque ?

L’effectif réduit d’employés, le cadre de travail et la proximité avec la famille nous donnait plus l’impression de travailler dans une famille que dans une entreprise. J’ai le souvenir que la grand-mère en plus de prêter sa maison pour l’atelier de confection, venait tous les jours nous apporter le café à 10h avec un paquet de gâteaux !

Je garde également un très beau souvenir de mes 20 ans. On m’a offert un gros bouquet de rose et du champagne et nous l’avons fêté dans le salon de la grand-mère !

 

employé du mois Marie Rose

Comment ont évolué l’atelier et votre métier ?

La société se développait tellement bien que les gérants ont décidé d’embaucher un tricoteur pour les nuits afin que les machines tournent sans interruption.

De nouveaux employés sont arrivés… Rapidement, l’atelier est devenu trop petit pour accueillir machines et personnel. La société a construit un bâtiment à quelques centaines de mètres de l’atelier. Entre temps, je me suis fait remplacer durant mon congé maternité. A mon retour, j’ai eu la surprise de découvrir qu’en quelques mois, l’entreprise familiale avait investit dans de nouveaux métiers à tricoter électroniques et avait commencé à employer massivement. Ma remplaçante, Marie, s’est fait embauchée. D’ailleurs, nous avons fêté son départ à la retraite il y a deux ans. Une autre de mes sœurs a même été embauchée et deux collègues de l’ancienne société où je travaillais.

Je me souviens des mots de la direction concernant mes nouvelles missions :

« Marie-Rose, tu as trop de travail, tu ne peux plus t’occuper du tricotage, tu seras à présent charger de tirer les fils ». Pendant plus de 35 ans mon métier consistait à tirer les fils de séparation. Tirer les fils consiste à séparer plusieurs panneaux. Les machines tricotent de grands panneaux et en bas de chaque panneau, au niveau de la lisière se trouve un fil de séparation.

En période creuse, je réalisais la découpe des échantillons, l’agrafage et la préparation des plis.

Depuis que nous avons transféré l’atelier de tricotage de La Verrie sur notre site de Normandie, j’ai changé de métier. Je travaille à présent aux expéditions et je suis chargée de traiter les commandes : je trie, prépare les colis et mets sous pli les catalogues.

 

marie rose aux expeditionsQuels sont les changements qui ont marqué vos 41 ans de carrière chez B. Solfin ?

Le grand changement auquel j’ai assisté est bien évidemment l’évolution des métiers à tricoter, le passage du manuel au mécanique. 

Auparavant tout était fait à la main : le tricotage mais aussi la découpe d’échantillons et des tricots. Petit à petit, l’évolution technologique nous a permis de gagner en efficacité. Toutefois, plusieurs finitions sont encore réalisées à la main pour des raisons de qualité. C’est aussi une volonté de la marque de perpétuer un savoir-faire traditionnel.

L’autre changement majeur que j’ai connu concerne l’évolution des lignes de vêtements. Il y a une trentaine d’années, nous tricotions essentiellement des sous-vêtements pour une clientèle plutôt rurale et  professionnelle comme les agriculteurs ou travailleurs extérieurs. Ces derniers consommaient beaucoup de flanelles et de fuseaux.

Au fil des années, nous avons diversifié notre offre : sous-pulls, pulls, gilets, vestes, ponchos et accessoires tricotés en laine mais également dans d’autres matières naturelles comme le coton, le cachemire, la soie… La clientèle s’est aussi élargie : rurale ou citadine, il y a des vêtements pour tous les goûts et pour toutes les morphologies !

Enfin, d’un point de vue humain, j’ai connu deux générations de dirigeants, M. Bernard Sourisseau puis M. Bernard COISNE il y a 20 ans.

Du côté de l’équipe,  j’ai connu beaucoup de monde et une dizaine de départ à la retraite depuis mon arrivée. Pendant de nombreuses années, on était 5 à faire du covoiturage pour venir travailler, mes 2 sœurs et 2 collègues. Aujourd'hui, je suis seule le matin dans ma voiture ! Pas plus tard que la semaine dernière, nous avons fêté le départ en retraite d’une collègue Hélène, et depuis 5 jours je suis la doyenne de la société... Heureusement, cela ne va pas durer !

 

Ce soir, vous fêtez votre départ à la retraite, que va t-il vous manquer ?

Mes collègues vont me manquer et la très bonne ambiance de l’équipe.

Mon travail va me manquer, j’ai toujours aimé ce que je faisais.

Il est temps de passer la main aux jeunes ! Je penserai toujours à B. Solfin. A la maison, je porte des fuseaux et une flanelle, c’est mon survêtement ! Je continuerai à prendre des nouvelles par l’équipe mais à présent ma préoccupation à court terme est de ne pas pleurer à mon pot de départ à la retraite. Je me suis lancée ce défi et je compte bien m’y tenir !

retraite Marie Rose