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25 avr. 2018

L'employée du jour c'est Nicole

L'employée du jour c'est Nicole

Quel est votre parcours ?

Passionnée par la création depuis mon plus jeune âge, mon parcours s’est centré dans la Mode. J’ai suivi un double cursus, l’un dans une école spécialisée dans l’industrie de l’habillement en chaîne et trame et l’autre dans une école de modélisme.

Ma carrière dans la création a débuté à Paris, dans la capitale de la Mode pour une marque connue de détail d’habillement en magasin spécialisé.

J’ai commencé en tant que prototypiste puis j’ai évolué vers le métier de modéliste.

Pendant une quinzaine d’années, j’ai épaulé les stylistes dans la conception des modèles et prototypes. J’étais en charge de déterminer la gradation et de l’industrialisation des produits.

 

Parlez-nous des ateliers Philips avant leur reprise par B. Solfin.

Je suis arrivée aux Ateliers Edwige et Edward’s en 1986. Les ateliers concevaient tout type de vêtements pour diverses marques.

Avec la libéralisation des marchés mondiaux, les années 2000 ont été difficiles pour l’industrie du Textile et de l’habillement.  Nos ateliers ont difficilement pu éviter la montée en puissance de la concurrence asiatique et des pays de l’Est. La perte de parts de marché a emmené les ateliers Philips vers une liquidation en 2010. Les ateliers ont heureusement été sauvés in extremis par la société B. Solfin.  Le P-DG M. BERNARD Coisne a repris l’atelier et sauvé une vingtaine d’emplois dont le mien.

A sa reprise, le dirigeant m’a demandé si j‘étais intéressée de reconstituer un atelier de confection. Attachée à nos métiers à tricoter et sensible à la confection Made in Normandie, j’ai accepté sans hésitation ce challenge pour faire perdurer notre savoir-faire français.

 

Comment est organisé l’atelier de confection ?

A ce jour, je suis responsable de l’atelier de confection. Il est organisé en 2 groupes autonomes de 7 à 8 opératrices qui effectuent plusieurs opérations, d’où la nécessite dé polyvalence sur au moins 3 machines afin de ne pas pénaliser un poste, un groupe de personnes et par conséquence la production.

L’implantation de l’atelier comprend 70 machines (remailleuses, couseuses cuvette, recouvrement, surjeteuses raseuse, piqueuse plate, boutonnières, presse fer, etc…)

 

Quel est votre rôle, vos responsabilités ?

Mon rôle en tant que responsable de l’atelier de confection est de trouver un juste équilibre entre le savoir-faire des personnes, la capacité des machines et le temps de production. Je veille à optimiser chacune des opérations de confection afin que la charge de travail soit bien répartie entre l’ensemble de l’équipe pour ne pas créer d’interruption de production. Je veille également au contrôle de la qualité sur toutes les étapes de confection.

En parallèle, je travaille en collaboration avec la styliste/modéliste prototypiste Mélanie. Je réalise les différentes phases opératoires de montage et le temps nécessaire. Quotidiennement, je travaille avec la responsable du site Isabelle sur le tableau de bord des commandes.

 

Qu’est-ce qui vous stimule le plus dans votre métier ?

atelier de confection B. SolfinTout simplement : la diversité !

Diversité des personnes, des savoir-faire, des machines, des missions…

Chaque journée est différente, il n’y a pas de routine. Ce poste requiert un grand sens de l’organisation. Il peut y avoir des aléas à tout moment : absence de personnel, dysfonctionnement d’une machine, souci de production...

Les compétences des personnes sont très importantes et il faut continuellement se former pour les développer.

A l’inverse de l’atelier de tricotage, où c’est les machines qui sont plus présentes et produisent. Ici c’est les Hommes. Il faut continuellement former des personnes pour être flexible et proactif s’il y a des absences. Il est nécessaire d’être polyvalent au sein de l’atelier pour ne pas pénaliser un poste, un groupe de personnes et par conséquence la production. J’aime énormément la gestion du personnel et l’avantage de travailler dans une petite structure, c’est que le dialogue est facile et fonctionne bien.

 

Vous avez commencé cet interview en évoquant votre passion pour la Mode, dites-nous en plus…

J’ai toujours aimé la création. Toute petite je fabriquais des vêtements en faisant des moulages sur mes poupées. J’ai appris en reprenant de vieux vêtements, en les démontant pour récupérer le tissu et je remettais en forme. L’idée d’étudier la faisabilité d’un vêtement en fonction de la morphologie, du ton, du tissu…et de le concevoir m’a toujours plu.

J’ai toujours voulu faire du sur-mesure et personnaliser le vêtement.

Lorsque j’ai un peu plus de temps, je confectionne de la corsetterie et surtout des robes de mariées pour des amis, connaissances…

Cela est toujours resté une passion car je ne veux pas la rendre industrielle.

Très longtemps, j’étais incapable d’acheter un article en magasin je ne trouvais jamais la pièce qui répondais à tous mes critères : matière, coupe, finition…Déformation professionnelle qui m’a conduite à confectionner ma propre garde-robe !

Le métier que j’exerce, il faut le faire avec passion car même si les métiers de confection sont longtemps restés dans l’ombre, aujourd’hui c’est une véritable richesse nationale et internationale !